Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je ne réponds jamais à une critique négative ou qui pointe des faiblesses, voire des défauts, sur mes écrits. Si ces points de vue sont argumentés, sincères, précis… et finalement bienveillants puisqu’ils sont destinés à donner au grand public un éclairage sur une œuvre, tout en soulignant par souci d'honnêteté l’aspect subjectif et personnel de ce regard... eh bien, je les lis attentivement, et en prends bonne note.

En revanche, quand un crottiqueur démolit une œuvre en place publique, avec un fond de malveillance et un ramassis de malhonnêtetés… je réagis !

D’abord, je tiens à rappeler un constat tristement banal : lorsqu’on s’expose au monde, soi-même (comme Greta Thunberg par ex. j’y reviendrai) ou par ses œuvres, les jugements, les critiques, les erreurs, les vrais ou supposés défauts… tout est décortiqué, passé à la moulinette, sans concession. Lorsque ce travail est fait par des gens bienveillants, mais nullement complaisants, honnêtes, rigoureux et animés d’un esprit réellement « critique », c’est très bien, même s’il ne faut jamais oublier que ce qui plaît aux uns peut indisposer les autres.

Mais hélas, le monde est ainsi fait qu’on doit aussi subir les vomissures des crottiqueurs, des gens malveillants, des cyniques, des pervers même qui jouissent des effets du venin qu’ils produisent… et, dans mon métier, des frustrés de la plume de tout poil.

Ce jour, je crois que j’ai trouvé un champion de crottiques de haut vol ! Par les lignes qui suivent, je ne m’adresse pas à ce Nicolas Soffray, sur Yozone (voir le lien en bas de page). On ne rend pas honneur ainsi à la malveillance, et s’il s’agit de perversion, ce serait lui donner une trop belle occasion d’en rajouter une couche. Je m’adresse au lecteur de passage sur Yozone qui lirait ce qu'on appelle un avis de lecture, non pas pour l’en dissuader, mais pour lui donner quelques clés de réflexion sur une telle pratique. Car les crottiqueurs utilisent souvent les mêmes artifices pour déféquer leurs articles. On retrouve d'ailleurs les mêmes artifices dans la presse nauséabonde et les sites extrémistes.

Dans une crottique que trouve-t-on (celle que vous trouverez sur Yozone me servira pour mes exemples) :

* des formules humiliantes : « la fantasy bas de gamme alignant poncifs, clichés et manque d’originalité. » Bon. Ce crottiqueur aurait simplement pu écrire qu'il s'agit d'une littérature de genre, avec ses codes. On n'ose imaginer ce qu'il doit penser d'un polar avec un enquêteur bourré de problèmes, un meurtre, un faux suspect... et l'arrestation du vrai coupable à la fin.

  • Le choix du vocabulaire et des expressions en persifleur accompli, comme autant de vomissures sur l'oeuvre : poncifs et clichés sont les plus courants (quand on ne sait pas argumenter autrement), On trouvera aussi dans ce chef-d'oeuvre du genre des : « une présentation des héros façon vidage de benne, des personnages variés comme un catalogue de diversité ethnique » (on appréciera au passage la « rigueur » de l'orthographe)

Le hasard a voulu que, lorsque j'ai découvert ce texte critique sur mon roman, juste avant je lisais ce que de « beaux esprits » avaient dit ou écrit à propos de Greta Thunberg : « Gourou apocalyptique », « manipulée », « chantre du capitalisme vert... » On est dans le même registre fleuri.

  • Des allusions injurieuses : ex. « Arthur Ténor, vieux routier de l’écriture jeunesse sur commande » Vieux = ringard, sur commande = il n'a pas de talent propre (petit rectificatif au 22 août 2020, cette fausse info "sur commande" a été retirée par son auteur. Il aurait pu aussi enlever ses fausses citations.) Qu'on sache et se le dise, je n'ai jamais de commandes de mes éditeurs, hormis quelques rares exceptions (un conte une fois, et plus récemment un escape book.) Et tant qu'on y est, on égratigne l'éditeur, ça ne mange pas de pain : « (au temps pour le « nouveaux talents français » dont se pare Scrineo). On appréciera au passage la « maîtrise » de la langue.
  • Les approximations : ex. « on le découvre au fil des pages, des ados de 15 ans (ou équivalent) et qu’ils n’ont pas été très assidus en cours. » Ah bon ? Le crottiqueur a mal lu le roman, car ils sont au contraire très respectueux des horaires et de leurs obligations de novices.
  • Les interprétations trompeuses : ex. « On continue avec les aberrations, comme l’elfe qui n’avait pas pensé toute seule qu’emmener son dragon chez un collectionneur de monstres assiégé par des chasseurs de monstres pouvait être, quel est le terme ? Inopportun. » Quelle piteuse analyse ! Le dragon dont il est ici question, n'est pas un animal domestique, mais un membre à part entière de la chambrée, puisque l'alter ego de l'elfe. Tel le daemon de Lyra dans La croisée des Mondes, il participe aux missions. Sans compter qu'à un moment, l'elfe demande à son ami de s'éloigner pour éviter, non pas le collectionneur de monstres enfermé dans sa citadelle, mais les chasseurs kazkares. Enfin bref, retenons que le crottiqueur a l'esprit assez tordu pour tordre les faits afin de les porter au ridicule.

 

  • Les verdicts comme vérité universelle : « C’est pourtant son genre de prédilection, comme il le disait à la parution des (mauvais) « Voyages extraordinaires... » en 2006 (chez Plon). » Mauvais, écrit le crottiqueur, comme si ce livre avait connu un terrible destin éditorial tant il était médiocre. S'il était honnête, le crottiqueur dirait qu'il n'a pas aimé. Problème, il ne l'est pas... Qu'on sache à propos de ce roman qu'il a bénéficié d'un grand nombre de critiques élogieuses, qu'il s'est vendu à plus de 50 000 ex (entre l'édition Plon, poche et France Loisirs) et a même reçu un prix littéraire, et il a été traduit en cinq langues. C'est dire à quel point ce livre a été « mauvais ».

 

  • La perversité a besoin de s'étendre. Le critique " remonté " consacre volontiers des heures à rédiger son brûlot, à choisir soigneusement les expressions et les termes dont il saura l'effet (faire rire celui qui lira ça, humilier bien profondément celui qui en aura été victime). Je ne sais pas ce qu'il en est de M. Soffray, mais je le soupçonne quand même de s'être fait un petit plaisir sur ce coup-là.

 

  • Et le bouquet final, les fausses citations, la malhonnêteté : Le crottiqueur me gratifie d'un florilège de haut vol ! Je cite : “ l’auteur nous martèle des « le monstre n’est pas celui qu’on croit » d’une affreuse banalité, ne prend le temps de s’arrêter sur rien, enchaîne les poncifs « nous sommes différents mais complémentaires », « je vais aller à l’encontre de ma nature profonde » et énième « non les gars c’est à moi de le faire, pas pour réussir mais pour me le prouver à moi-même » ”. Problème, je ne retrouve aucune de ces présumées citations dans mon roman. Je n'ai pas pris le temps de le relire entièrement, mais quand on cite, on situe. Le crottiqueur ne le fait pas. Il invente. Ça  fait plus mal. Là, c'est de la malhonnêteté pure, et ce qui m'a d'ailleurs incité à répondre. Car autrement, quand je lis ce genre de salissures, ça entre par les yeux, puisqu'il le faut bien, et ça ressort par en bas presque aussitôt. Je tire la chasse et je passe à autre chose. Là, quand on frise l'injure publique, qu'on joue sur les ambiguïtés pour mieux faire ingurgiter son fiel... je ne laisse pas passer.

 

J'allais oublier... Pour ajouter une cerise bien pourrie sur cette tarte au vomi, le crottiqueur a pris la peine de scanner une page en interpellant le lecteur ainsi : « Attention, à la lecture de cette page, à quel niveau sont les Crépusculaires ? » Je lui répondrais qu’il faudra qu’il apprenne à lire, car sur la page 12, juste avant, ligne 10, il est précisé que le jeune page doit, je cite, « porter une convocation à l’une des chambrées du noviciat d’accès. », nommée juste après « des Crépusculaires ». Mon hypothèse : ce M. Soffray n’avait pas mis ses lunettes. Ou peut-être a-t-il des difficultés de lecture. On lui pardonnera en ce cas, sauf s’il s’agit d’une nouvelle malveillance, ce que je crains malheureusement.

Allez lire ça, ça vaut son pesant de cacahuètes : http://www.yozone.fr/spip.php?article23787