C'est d'abord sur l'excellent site Lirado.com

Je suis boloss, mais je me soigne d’Arthur Ténor

boloss

Note : 5 Stars


Clément, 14 ans, est considéré par ses pairs comme un boloss. Après avoir été humilié lors d’une fête, il décide de se venger et d’inventer sur les réseaux sociaux deux faux profils pour piéger ses deux principaux harceleurs. Mais son plan pourrait bien lui jouer un tour inattendu et en négligeant les dangers des réseaux sociaux, il pourrait bien le payer au prix fort…

Ce n’est pas la première fois qu’Arthur Ténor s’intéresse au harcèlement puisqu’il a déjà publié L’Enfer au collège. Cette fois-ci, son jeune héros est un peu plus âgé, il est en quatrième et a 14 ans, mais son quotidien est aussi difficile que Gaspard. Lassé de se faire traité de boloss, particulièrement humilié à la suite d’une fête qui s’est mal terminée, Clément décide de se venger en créant deux faux profils sur Facebook. Il se fait passer pour deux ados du Canada hyper-canons dont l’arrivée au collège serait imminente. Ses victimes se laissent rapidement avoir et bientôt tout le collège ne parle que de ça…jusqu’à ce que tout échappe à Clément !

Arthur Ténor évoque une fois de plus avec justesse la situation des élèves harcelés. Si Clément n’a aucune velléité suicidaire, il souffre pourtant bien de la situation et c’est ce qui va l’amener à prendre cette décision un peu folle de création de faux profils Facebook. L’occasion pour l’auteur d’évoquer surtout dans Je suis boloss mais je me soigneles dérives des réseaux sociaux auxquels les ados sont parfois accros. Caché derrière son écran, Clément se voit pousser des ailes et n’hésite plus, quitte à jouer avec le feu. J’ai trouvé qu’Arthur Ténor avait su adopter un point de vue pertinent et mettre en scène son histoire de manière très crédible. Les décisions de Clément sont réalistes tout comme l’enchaînement des événements jusqu’à ce que le principal du collège et surtout le prof de français (on appréciera le clin d’oeil d’ailleurs au roman Un prof en enfer) lui ouvre les yeux !

Je suis boloss mais je me soigne devrait plaire sans conteste aux ados, parfois tentés de mentir sur eux ou d’enjoliver la réalité via les réseaux sociaux. Le personnage de Clément est touchant et on peut facilement s’identifier à lui, si tant est qu’on ne soit pas le roi ou la reine du collège. Le ton n’est pas moralisateur et l’auteur invite surtout son lecteur à réfléchir sur les conséquences d’un usage déraisonnable des réseaux sociaux, comme Clément l’a fait. Le texte reste très optimiste et j’ai adoré la fin. Elle montre que pour vaincre le harcèlement, il faut d’abord commencé par accepter et défendre ce que l’on est vraiment. Le roman peut aussi être un formidable moyen pour sensibiliser les jeunes au harcèlement et aux dangers des réseaux sociaux.

En quelques mots :

Ce n’est pas la première fois qu’Arthur Ténor s’intéresse au harcèlement. Cette fois-ci, c’est par le prisme des réseaux sociaux qu’il va en parler. On suit ainsi Clément, un ado de 14 ans, décrété « boloss » par les populaires du collège et qui décide de créer, pour se venger, deux faux profils Facebook. La situation va rapidement lui échapper…Loin d’être moralisateur, Je suis boloss mais je me soigne est un court roman très crédible et réaliste qui pointe avec justesse la détresse de Clément et son usage déraisonnable des réseaux sociaux. Un bon roman pour parler des bons et mauvais usages des réseaux sociaux !

Et sur babelio (5/5 sur 3 notes, que demander de mieux ? :)

LoupAlunettes

LoupAlunettes25 octobre 2016

https://unefaimdeloupalunettes.blogspot.fr/2016/10/je-suis-boloss-mais-je-me-soigne-arthur.html

  • Livres 5.00/5
 
"Je suis Boloss, mais je me soigne" serait à rapprocher d'un autre titre assez récent et touchant au même thème des réseaux sociaux "Fake fake fake" de Zöe Beck. À la lecture du roman de Arthur Tenor, il y a un sentiment de déja vu et pourtant la démarche de l'auteur va plus loin, il semble avoir des choses à dire au delà d'une proposition divertissante de récit. Mais revenons tout d'abord au sujet du livre. Les héros de Zöe et Arthur sont tous des élèves classés en marge, non populaires, ceux de Tenor font néanmoins l'objet d'une élection devant assemblée du couple le plus Boloss du collège. L'humiliation et la cruauté sont bien plus marquées, de fait, non dans le style de la narration.
Si le héros de Beck souhaite prendre sa revanche et séduire une belle populaire qui le dénigre sous un avatar construit de toutes pièces, Clément et Noémie, héros "boloss", veulent prendre une double-revanche, faire tomber sous leur charme Léa et Jordan sous des avatars de jumeaux québécois très beaux et également par là même les ridiculiser du "dîner de cons" dont ils furent les invités surprises. Clément est surexcité à l'idée de tromper leurs "harceleurs" très avides de rencontrer bientôt deux ados d'une culture autre et à la vie à priori aussi excitante que leur apparence. Noémie se montre plus réservée, la démarche semble un peu compliquée de se faire passer pour ce que l'on est pas et la plaisanterie semblait déja avoir été trop loin pour elle. Les efforts seront à deux vitesses et Clément va se trouver dépasser le jour où son secret sera découvert par un de ses professeurs qui lui rappelle ce qu'il encourt de tromper sous une fausse identité sur des réseaux sociaux. C'est cette dimension préventive qui est ajoutée par Arthur Ténor et un peu écartée par Zoé Beck au profit de l'humour et la comédie.
Comme pour "À mort l'innocent", "Je suis Charliberté", il y a une vraie volonté didactique de la part de l'auteur de poser les choses, des choses grâves qui peuvent être directement ou indirectement portées à l'attention des ados , au travers d'histoires d'ados et à hauteur d'ados comme cela pourrait se faire avec des médiateurs, des enseignants. Ce qui rend le propos à la fois léger et enrichissant, sur un angle adapté. Des histoires de "tribus" très chouettes qui n'excluent pas toujours en douceur quand pointe l'acnée. Une histoire sur le mensonge mais aussi sur la valeur que l'on peut se porter à cet âge, sur la confiance, la lucidité.
Assez positif dans l'ensemble.À découvrir.
Lu sur Nouveautés jeunesse.com (une critique qui met le doigt sur l'enjeu central du roman)...
" [...] Le récit évoque à la fois l’incapacité d’obtenir la certitude des personnes avec qui on parle et on interagit mais aussi celle de la manipulation des photos.

Arthur Ténor se démarque dans le traitement de cette thématique du harcèlement scolaire par le chemin qu’il propose pour en sortir. Il passe par la médiation de tiers bienveillant qui vont inciter le jeune homme en formation à développer ses capacités et compétences...dans le respect de la loi !

Intéressant !

9791021405097
108 pages
Niveau Collège

Harcèlement - Réseaux sociaux - Manipulation - Relation entre élèves - Responsabilité

“Noémie, le jour où t’auras compris que nous, les petits à lunettes, les gros, les moches, les pauvres, on est rien que des nazes, des boloss, et que si on est à la fête c’est pas pour danser, peut-être que t’arrêteras de rêver.”  
Et sur... https://lesbilletsdefanny.wordpress.com/2016/11/07/jeunesse-je-suis-boloss-mais-je-me-soigne-arthur-tenor/
" Mon avis : Encore un livre que j’ai beaucoup aimé. Clément n’est pas parmi les plus populaires de son établissement. Il n’a pas un physique de tombeur, il aime passer du temps devant les écrans, reste dans son coin plutôt que d’aller vers les autres. Il fait partie de ces gamins qu’on laisse de côté et qu’on taquine un peu trop souvent. Une autre fille dans sa classe lui ressemble : Noémie. Elle aussi est mise de côté par les autres, trop grosse, trop moche, trop différente.

Un jour, il est invité avec Noémie à une fête. Ils décident d’y aller, pour voir. Quant ils arrivent, tout le monde est déjà là. Pourtant, cela ne les inquiète pas. Et, ils s’amusent ! Jusqu’à ce qu’on les appelle et qu’on les déclare « couple le plus boloss du collège », un coup visiblement préparé avant leur arrivée.

En colère, et malheureux, Clément a une idée une fois chez lui : et s’il se faisait passer pour quelqu’un d’autre sur internet auprès des camarades de son collège ? Ni une ni deux, il crée deux comptes, celui d’un garçon et d’une fille, espérant que Noémie s’en occupe avec lui, mais elle refusera. C’est lui qui gérera les profils de ces jumeaux québécois. Mais est-ce sans conséquence ? Internet nous libère-t-il de toutes contraintes ? Est-il vraiment libre de faire ce qu’il veut, sous prétexte qu’il crée une fausse (même deux !) identité ? La rumeur de ces jumeaux québécois, qui devraient prochainement venir les rejoindre dans leur établissement enfle, et arrive jusqu’aux oreilles de la direction.

Comment faire quand on est classé dans la catégorie « boloss » ? Comment ne pas avoir l’impression que, les autres, ont peut-être raison ? Comment trouver un peu d’estime de soi quand les autres nous aplatissent ? Sommes-nous intouchables grâce aux réseaux sociaux ? Ce sont autant de questions que le livre pose à ses lecteurs, des questions d’actualité. On retrouve aussi le thème du harcèlement, mais il n’est vraiment pas central (il est plutôt l’un des prétextes).

Un livre sympathique, bien écrit, au thème fort (la confiance en soi), que je ferai découvrir avec plaisir à mes collégiens ! "